L'affaire Herbefol

La Vieille Anglaise et le continent, de Jeanne-A Debats

Par herbefol in SF - 10 jan, 2010

Aujourd'hui on va faire un peu dans la littérature française et s'intéresser à une novella publiée en 2008 par un petit éditeur, Griffe d'encre. Depuis sa parution La Vieille Anglaise et le continent s'est vu attribuer plusieurs prix à commencer par le GPI et le prix Julia Verlanger. Voilà qui a certainement donné un bon coup de pouce à la carrière de Jeanne-A Debats.
 
Avant d'en dire plus je tiens à préciser que je connais personnellement l'auteur qui est une amie. Cette chronique est donc à lire avec les précautions d'usage, même si je vais essayer de ne pas être trop subjectif. En passant rappelons pour ceux qui ne le saurait pas que la novella est un format qui vient d'outre-Atlantique et qui correspond aux textes trop longs pour être de simples nouvelles mais trop courts pour véritablement être qualifiés de romans.
 
La Vieille Anglaise c'est Ann Kelvin, une vieille biologiste et militante écologiste en fin de vie à qui Marc Sénac, un ami de longue date, vient proposer une expérience très particulière : la transplantation de son esprit dans le cerveau d'une baleine afin de suivre les populations de cétacés et repérer les chasses illégales. Le récit suit deux points de vue, d'une part Ann qui découvre sa nouvelle incarnation et les mœurs et légendes des cétacés, et d'autre part Marc qui suit par l'intermédiaire d'une balise l'évolution à travers les océans de son amie.
 
Au vu du thème je craignais un peu d'avoir droit à une fable écolo avec leçon de morale à la clé et happy end gnangnan en guise de cerise sur le gâteau (qui a pensé Avatar ?). Il n'en est rien. Si l'on sent les préoccupations environnementales de l'auteur, que reflètent tant Ann que Marc, Debats laisse le lecteur se débrouiller comme un grand et fait même preuve d'un certain désabusement dans sa postface. Le cynisme se sent aussi dans la fin du récit, lorsque Marc comprend d'où viennent réellement les financements qui ont permis à son organisation de développer le transfert d'esprit. Debats ne se fait pas d'illusion sur la nature humaine et n'en laisse aucune à son lecteur.
 
Comme d'autres lecteurs j'aurais apprécié que le récit continu un peu au-delà de son point final, afin d'en savoir plus sur certaines choses, que ce soit le continent cétacé ou les découvertes que fait Marc. Pourtant je pense que la novella est finalement la bonne longueur. Plus court le récit n'aurait pas permis à l'alchimie d'opérer entre Ann et le cétacé, plus long on finirait par en savoir trop et se retrouver dans la même impasse que dans toutes les suites de chef d'œuvre : pas à la hauteur des attentes du lecteur. En fin de compte La Vieille Anglaise et le continent s'arrête au bon moment, celui où l'imagination du lecteur a pris suffisamment d'élan et peut voler de ses propres ailes.
 
En plus d'un fond scientifique bien documenté, et donc crédible, et d'un côté poétique apporté par ce mystérieux continent cétacé, le récit contient aussi quelques petits clins d'œil à diverses œuvres, notamment de SF, qui n'entravent cependant pas la lecture pour ceux qui ne les verraient pas. Bref, cette novella est un petit condensé de ce que j'aime dans la science-fiction.
 
Enfin le format relativement court, l'accessibilité du propos et la plume agréable en font un ouvrage très accessible au néophyte à qui l'on veut montrer que la SF n'est pas que batailles spatiales et menaces venues du futur. Le présent est parfois bien suffisant.
 
Plus qu'un bon livre, La Vieille Anglaise et le continent est un livre nécessaire.
 

La Vieille Anglaise et le continent
de Jeanne-A Debats
illustration de Christophe Sivet
éditions Griffe d'Encre
84 pages
 
 

Déluge, de Stephen Baxter

Par herbefol in SF - 6 déc, 2009

Si certains des romans de l'anglais Stephen Baxter peuvent être considérés comme de la hard-science par exemple sa série des Univers multiples dont je parlerai un jour ici, certains de ses ouvrages font partie d'une science-fiction plus « grand public ». Déluge, qui ouvre un dyptique sans titre, en fait partie.

Axis, de Robert Charles Wilson

Par herbefol in SF - 5 oct, 2009

Parmi les auteurs de science-fiction qui se font remarquer ces dernières années il y a Robert Charles Wilson. S'il n'est pas nouveau dans le domaine, on trouve trace d'une première traduction en France dès 1992 (Vice versa chez J'ai Lu), ce n'est que depuis le début des années 2000 qu'il a véritablement pris sa place dans le paysage de la SF avec les traductions successives de Darwinia, BIOS, Les Chronolithes, Blind Lake et enfin Spin en 2007. Ce dernier roman fut la consécration pour Wilson, lui permettant de remporter toute une kyrielle de prix dont le Hugo et le Grand Prix de l'Imaginaire.

Les envoyés, de Sean Williams & Shane Dix

Par herbefol in SF - 20 sep, 2009

Voilà un duo d'auteurs australiens pratiquement inconnus en France. Personnellement je ne connaissais Sean Williams et Shane Dix que par trois volumes de la série du Nouvel ordre Jedi, dans la licence Star Wars. Cette fois, avec Les envoyés, premier volume du tryptique des orphelins de la Terre, j'ai l'occasion de lire quelque chose de plus original.

Tempêtes sur l'horizon, de Kevin J. Anderson

Par herbefol in SF - 3 sep, 2009

La saga des sept soleils de Kevin J. Anderson continue son petit bonhomme de chemin. Après Une forêt d'étoiles en voici le troisième volume intitulé Tempêtes sur l'horizon.

Coalescence, de Stephen Baxter

Par herbefol in SF - 26 aoû, 2009

Stephen Baxter était connu en France depuis quelques années, notamment grâce aux Vaisseaux du temps et à sa trilogie de la Nasa, mais ce n'est qu'avec la traduction de Coalescence, premier volume de la série des Enfants de la Destinée, que le public francophone à enfin pu accéder à son univers des Xeelees (même si une novella avait tout de même été traduite auparavant dans l'anthologie Faux réveur, ainsi que quelques nouvelles dans des publications éparses).

Les marionnettes de l'ombre, d'Orson Scott Card

Par herbefol in SF - 16 aoû, 2009

La saga des ombres, série parallèle à Ender, se poursuit sous la plume d'Orson Scott Card. Ce troisième volume continue l'affrontement entre Peter Wiggins, secondé par Bean, et Achilles pour le contrôle du monde. Rien que ça.

Le système Valentine, de John Varley

Par herbefol in SF - 14 jui, 2009

Le système Valentine est le dernier texte publié en France, à ma connaissance, de John Varley. Situé dans le même univers que le canal Ophite et Gens de la Lune, ainsi que les recueils Persistance de la vision et Champagne bleu, ce roman assez conséquent est un véritable hommage au théâtre shakespearien.

La tour de Babylone, de Ted Chiang

Par herbefol in SF, Fantastique - 27 jui, 2009

De temps en temps on découvre un nouvel auteur plein de promesses. Cette fois c'est Lunes d'encre qui propose un recueil d'un dénommé Ted Chiang : La tour de Babylone. Par la même occasion ça me fait un recueil de nouvelles, moi qui en lit bien trop peu.

Le choix du félin, de E. E. Knight

Par herbefol in SF - 27 jui, 2009

Après la voie du loup, la série Terre vampire de E. E. Knight continue avec Le choix du félin. Pour rappel la Terre est occupée par des extra-terrestres, les Kurians, qui se nourrissent des âmes humaines. Evidemment il existe une résistance dont David Valentine, le héros de la série, fait partie.

Feux croisés, de Nancy Kress

Par herbefol in SF - 21 jui, 2009

Il y a quelques temps de cela j'ai lu le premier volume d'une trilogie de Nancy Kress. Je prévoyais de continuer cette auteur avec le volume suivant de la série, mais l'actualité éditoriale en a décidé autrement puisque la collection Rendez-Vous Ailleurs vient de publier Feux Croisés.

Un cantique pour Leibowitz, de Walter M. Miller Jr.

Par herbefol in SF - 7 jui, 2009

Après le Double étoile de Heinlein et Des fleurs pour Algernon de Keyes je continue dans la série des vieux machins que je n'avais pas encore pris le temps de lire. Aujourd'hui c'est le tour de Un cantique pour Leibowitz de feu Walter M. Miller Jr.
 
L'apocalypse nucléaire a eu lieu, l'humanité y a perdu la majeure partie de son savoir et une communauté de prêtres se consacrent à la recherche et la préservation des restes de culture écrite. Certains parcourent le monde en quête de documents ayant échappé à l'holocauste pendant que le reste de la communauté copie et protège les livres ainsi amassés.

Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes

Par herbefol in SF - 14 mai, 2009

Dans la catégorie « Il n'est jamais trop tard pour lire les classiques » je me suis dernièrement occupé du roman de Daniel Keyes. A l'origine Des fleurs pour Algernon était une nouvelle, publiée en 1959, que Keyes prolongea en roman en 1966. Récompensé sous chacune de ces formes ce récit s'est depuis mué en un classique du genre qu'il est toujours bon de lire.

Double étoile, de Robert Heinlein

Par herbefol in SF - 29 avr, 2009

Robert Heinlein fut l'un des pionners de l'age d'or de la SF américaine (ou plus exactement anglophone). Avec Isaac Asimov et Arthur C. Clarke il fut un temps considéré comme l'un des trois grands auteurs dominant le genre. Comme ses deux co-religionnaires il a souvent manifesté un intérêt très poussé pour les diverses sciences et une volonté de produire des récits emprunts d'un minimum de crédibilité sur le plan technique.
 
Des trois grands c'est celui que j'ai découvert le dernier et de manière un peu tardive dans mon exploration du panorama de la SF. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire et j'ai entrepris depuis quelques temps de combler mes lacunes concernant Heinlein.

Vision aveugle, de Peter Watts

Par herbefol in SF - 26 avr, 2009

Ce mois-ci Fleuve noir, par le biais de la collection Rendez-vous ailleurs, nous offre un peu de hard-science avec Vision aveugle de Peter Watts.
 
Canadien d'origine et formé à la biologie des mammifères marins, Peter Watts s'est d'abord illustré avec Rifters, une trilogie de SF consacrée aux grands fonds marins. Pour les anglophones notons qu'il est partisan de la licence Creative Commons et que la plupart de ses écrits sont disponibles directement sur son site.